Portrait

Né à Lausanne en 1995 de parents irakiens ayant fui la guerre du Golfe, j'ai grandi dans le quartier de la Bourdonnette. En raison de cette trajectoire, des notions telles que l'asile, l'origine ou le racisme m'ont très tôt concerné, de façon consciente ou non. La « Bourdo » étant un quartier populaire où cohabitent quelque 2'000 personnes de 50 nationalités, j'ai aussi rapidement développé une curiosité pour le profil social de mes camarades d'étude et de travail — nourrie par le sentiment, parfois, de revêtir le rôle d'outsider dans les milieux où j'évoluais. Ces expériences m'ont progressivement forgé un sens aigu de l'égalité et de l'équité, qui traverse aujourd'hui l'ensemble de mes activités.

Mon parcours scolaire, d'abord semé de défis, me prédisposait plutôt à une entrée directe dans le monde professionnel. L'envie d'étudier s'est cependant imposée et m'a conduit à emprunter différentes passerelles pour acquérir l'équivalence nécessaire à l'entrée à l'université. Je m'y suis épanoui : master en science politique en 2021, puis une thèse de doctorat consacrée aux politiques du logement et aux inégalités socio-spatiales dans les cinq plus grandes villes suisses, dont la soutenance a lieu en septembre 2026 — parallèlement à cinq années d'enseignement universitaire.

Ce parcours se prolonge dans l'action. Élu au Conseil communal de Lausanne depuis 2021, je siège à la Commission des finances. Depuis 2023, je préside la Plateforme des associations de quartiers, qui fédère les 17 associations lausannoises. Et j'ai fondé Démocité, une structure de conseil en démocratie participative. Dans mon travail académique comme dans mes engagements, le fil conducteur reste le même : documenter les inégalités — sociales, spatiales, liées à l'origine ou à l'accès à certaines sphères — et contribuer à les réduire.

Mon portrait réalisé par Le Courrier en novembre 2021 ici